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samedi 5 juin 2010

7

Pour les intéressés, le 4 est arrivé !

(Je sais, je prends (beaucoup) de retard dans le défi, mais je compte le relever quand même, vous devrez patienter par contre :S)

mercredi 2 juin 2010

4


Pendue par les pieds, le tissu écarlate serrant ses chevilles, elle se balançait gracieusement dans les airs, entraînant les immenses rubans colorés qui la soutenaient dans son pendule. Au fond, sur le rideau de velours noir, dans un grand cercle de lumière, je discernai son corps délicat comme une ombre chinoise. Mon regard revint cependant à elle, suivant le faisceau lumineux qui rendait sa peau brillante. Lorsque l’acrobate s’immobilisa, je la vis se mettre à danser, s’enroulant progressivement dans les bandes de tissus, comme pour rayer son corps d’encre rouge. Hissée plusieurs mètres au-dessus de la foule, elle écarta soudain les bras et dégringola. La jeune femme se mit à pivoter de plus en plus vite, les rubans se déroulant à une vitesse incroyable, ses bras battant l’air comme si elle avait eu des ailes. À moins d’un mètre du sol, je cessai de respirer. Elle s’était arrêtée brusquement, et caressait doucement le sol de ses doigts, souriante. Elle prit alors pied et courut, ses mains accrochées à chacune des bandes vermillon. La femme-oiseau s’éleva alors du sol et vola au-dessus de moi, pour cette élégante révérence.

mardi 1 juin 2010

3

Timide, silencieux, ses cheveux roux en bataille n’arrivaient même pas à attirer l’attention des autres tant il se faisait discret. Le jeune homme étaient de ceux qui caressaient les chiens errants, gardaient un peu de pain dans leurs poches pour les oiseaux, jonglaient d’une main avec des marrons. Il était né chez les forains et ceux-ci n’avaient jamais cessé de le considérer comme un enfant, ses errances les laissaient indifférents. Sans talent particulier, ni difformité exagérée, il faisait partie du paysage plus que du spectacle. La fillette ne le vit pas d’abord. Assise près de lui dans les escaliers, ses yeux étaient plutôt rivés sur le cracheur de feu qui s’exécutait sur la grande place. Ce n’est que quand il se releva que Camille vit ses joues tachetées, ses yeux clairs, son short déchiré. Elle grimpa les escaliers à sa suite et du haut de ses cinq ans, elle dut courir pour le rattraper. Le jeune homme eut envie de lui jeter du pain comme avec les oiseaux. L’idée s’évanouit cependant dès qu’il croisa son sourire taquin. Au fond, la gamine l’intriguait. Les deux enfants se mirent à courser, virevolter, s’amuser. Le garçon lui montra les plumes qu’il gardait dans ses poches, lui donna un marron brillant. C’est debout sur la souche le plus haute, en faisant des pitreries pour faire rire celle qui l’avait suivie, qu’il se révéla. Le rire cristallin de l’enfant amusée se grava en lui. Quelques étés plus tard, l’enfant de la balle aurait bien grandi et serait juché sur des échasses si hautes que la jeune femme redeviendrait la gamine qu’elle était, s’esclaffant aux moindres bouffonneries du rouquin, en spectacle sur la grande place.

lundi 31 mai 2010

2

Les barreaux de la cage ne diminuaient en rien la force qui se dégageait de l’animal ni la peur que pouvait en avoir les plus jeunes, qui s’agrippaient au métal avec une excitation enfantine, mêlée d’une crainte face à l’imposant éléphant qui se tenait devant eux. Ses pattes larges semblaient pouvoir soutenir le ciel entier. Quand il les déplaçait, tous auraient pu croire que c’était le fruit d’un effort immense et que l’équilibre environnant s’en trouvait menacé. Atlas, le nom lui allait bien. La condamnation s’avérait pour lui être la cage à laquelle il était confiné, si étroite qu’il devait rester debout des heures durant, sous les regards d’enfants curieux, ou de jeunes filles émues. Comme celle qui venait de passer, dont le regard avait croisé celui de l’éléphant aux yeux tristes et mouillés. Elle ne put s’empêcher de revenir sur ses pas, de tendre sa main pour la passer sur la peau rugueuse. Les oreilles d’Atlas battirent un instant. Sa trompe s’enroula sur un barreau comme s’il eut voulu l’arracher. La jeune femme retira sa main et serra le poing. Elle repartit en courant pour fuir l’image de l’éléphant implorant, pour lequel elle ne pouvait rien. D’autres visiteurs se pressèrent pour entrevoir l’immense animal, envier son ivoire et rire de ses barrissements.

dimanche 30 mai 2010

1

Les volutes d’encens s’élevaient de tous les coins. Des coussins brodés étaient dispersés sur le sol. La lumière colorait les tissus orange et pourpres tendus en guise de murs. On en oubliait la cohue extérieure tant le mystère qui y régnait étouffait les bruits et emplissait l’espace. Un châle par-dessus sa chevelure épaisse et noire, une femme chantait, assise au fond de la pièce. Les yeux fermés, la dame se balançait comme en transe, ses mains ridées palpant un objet insaisissable devant elle. Elle hochait la tête par moment, parfois se figeait quelques secondes, comme si elle avait attrapé un songe, décodé une énigme. C’est en restant immobile qu’elle m’accueillit, alors que je glissai délicatement ses doigts dans le rideau de billes ocre. J’humai l’air chaud saturé d’odeurs exotiques et je m’avançai tranquillement vers la dame. Avant que je n’aie pu m’assoir, elle prit mes mains entre les siennes, les retourna. Je sentis ses doigts trembler alors qu’ils parcouraient ma paume. Sa voix ne devint soudain qu’un murmure et je dus m’approcher pour entendre ce qu’elle disait. «Un réconfort…huhum….la fin d’un dur parcours…portez-vous bien…l’été sera bon…,» puis elle se remit à chanter. Elle fit bruisser ses fins bracelets de métal comme je posais quelques sous dans le bol devant elle. J’eus alors la brusque envie de m’étendre sur les coussins colorés, et de me laisser bercer par la voix mystérieuse, dans la chaleur étouffante. Je me résignai et je sortis de l’endroit comme d’une torpeur.

dimanche 4 octobre 2009

Mici

Merci à M et son coeur violet.
Merci à F et son délicieux marmiton.
Merci à mon dompteur mal dompté.

Le bilan du défi est indéniablement positif :)

dimanche 27 septembre 2009

C à F

Le trône pourpre

Le fouet claque entre ses doigts
Le sang dégouline d'entre ses crocs

Car sans exception le dompteur doit
S'offrir cru à la gueule de son bourreau

Entre ses dents l'animal serre sa tête
De celui qui se prétendait son maître
Jaloux qu'il ait voulu surpasser la bête
Qui des deux s'avère le traître ?

On se lance !

D'ici une semaine, jour pour jour, on veut voir le résultat ! Peut importe le médium ou la tournure que cela prendra, on voudra voir où ces trois mots nous aurons menés !

Laissons seulement libre cours à notre plume :)

jeudi 24 septembre 2009

Colorions

Pour les détails, allez dans Défis et confiseries ou ici.

M dictera à F.
F dictera à C.
C dictera à M.

C à M
Couleur : Violet
Émotion : Mépris
Personnage : porte une salopette

Ça t'inspire ?

M et F, on attends vos consignes :P!

jeudi 17 septembre 2009

Le viel homme bleu qui médite

Je vous met au défi. L, F, M, C et ceux qui voudront bien s'ajouter.

On se fait donner trois mots. Trois mots qui devront par la suite constituer une histoire, un billet, une réflexion quelconque.
Les trois mots iront comme suit : une couleur, une émotion, un personnage (âge ou métier ou caractéristique physique).
(ex : Pourpre, bonhommie, brancardier)
Dès que vous aurez reçu vos mots, ne reste plus qu'à laisser aller votre imagination. Ça vous intéresse ?

Dès que les oui surgissent, je vous direz qui recevra les mots de qui.
Prêts pour un deuxième défi ?

mercredi 27 mai 2009

7

Ils entrèrent en gare. Les portes s'ouvrirent malgré eux.

Émile lui caressa la joue, prit sa petite valise noire, et sortit sur le quai. Il monta lentement dans les escaliers roulant. Il restait silencieux, ne sachant plus s’y retrouver entre son chagrin et son amour naissant.

Audrey ferma les yeux un instant et empoigna à regret son bagage. Elle marcha sur le quai et monta les escaliers sombres qui menaient à l’extérieur, déjà troublée par l’éloignement après tant de proximité.

À l’interphone, on annonça aux passagers retardataires de se presser pour le départ du train à 20h05.

À 20h, ils se retrouvèrent tout deux dans le même train, le même wagon, la même cabine.

- Je peux désormais vous le confirmer mademoiselle, vous me plaisez plus qu’il ne vous serait imaginable de le penser.

Ils se sautèrent dans les bras, les larmes aux yeux, se délectant de la seule présence de l’autre.

Sans presse, le train reprit sa route dans la nuit étoilée.

mardi 26 mai 2009

6

Émile sentait le corps d’Audrey contre le sien. Il prit tendrement sa main. Leurs doits de serrèrent, c’était comme si un fils unissait leurs deux corps. Ils se sourirent. Quand elle l’embrassa, ses lèvres chauffées par le soleil étaient délicieuses. Il lui rendit son avance. Ils ne pensaient à rien d’autre, et riaient entre chacun de leurs baisers brûlants de désir.

Pendant ce temps, le train continuait sa course entre les plaines, où s’écoulait une rivière sinueuse aux flots scintillants sous le soleil orangé. Dans les prochaines minutes, alors que le soleil se coucherait paisiblement, la locomotive arriverait en gare.

lundi 25 mai 2009

5

Ils bavardèrent durant de longues minutes, priant chacun de leur côté pour que le train ne finisse jamais sa course. Ils s’entretinrent sur leurs vies respectives, leurs passions, leurs ambitions, leurs rêves d’avenir, …

Vers le milieu de l’après midi, la pluie cessa et les nuages se dissipèrent pour laisser passer de fins rayons de soleil à travers la bruine. Le soleil éclairait le visage de la jeune femme, ce qui rendait sa peau dorée et ses yeux bleus plus profonds qu’ils ne l’étaient déjà. Émile se glissa alors à côté d’elle sur la banquette, se mit à sa hauteur et ferma les yeux pour profiter du soleil lui aussi. Le train, quant à lui, décélérait et son ronronnement se faisait de plus en plus envoûtant, à moins que ce ne soit que le résultat de rires complices entre deux jeunes amoureux.

dimanche 24 mai 2009

4

- Alors j’espère être à la hauteur de vos attentes pour les deux heures qui me séparent de mon point d’arrivée, répondit-elle.

- Allez mademoiselle, racontez-moi vos rêves, dites-moi ce que vous aimez, dissertez sur ce qui vous plait.

Elle aimait son petit air sérieux et s’amusait bien à lui répondre avec autant d’élégance qu’il le faisait, avec un sourire à peine masqué.

- Quel programme pour deux petites heures ! En plus comment je saurai si ce que je dirai vous plaira ?, répliqua-t-elle faussement inquiète.

- Oh ! Si cela m’ennuie, alors je m’endormirai au doux son de votre voix.

Tous deux s’esclaffèrent. Ils appréciaient ce petit jeu, où ils se prenait pour un damoiseau et une demoiselle d’une autre époque. Ainsi, ils discutaient trop poliment pour que les phrases ne laissent pas transparaître un certain intérêt réciproque. On se serait cru dans une pièce de Molière, le train en guise de théâtre, les bourrasques de vent en spectateurs. Heureusement pour eux, le rideau ne semblait pas prêt de se refermer.

samedi 23 mai 2009

3

En effet, elle se lécha les lèvres et goûta le café et le lait mousseux dont elle s’était délectée plus tôt. Sa bouche délaissa alors la petite moustache de lait pour laisser place à des lèvres rouges comme les coquelicots. Elle sourit, un peu gênée. La jeune femme chercha chez l’homme un petit détail indécent pour lui rendre la pareille, mais elle se prit à ne lui trouver aucun défaut. Pour ne pas tomber dans la maladresse, elle se présenta à son tout.

- Moi c’est Audrey, je suis à l’université de Montpellier et j’ai décidé de voyager un peu en solo à travers l’Europe pour l’été. Et vous, à quoi occupez-vous vos journées ?

- Je trafique les horaires de train et dérègle les horloges à ma guise pour me retrouver sur une banquette en face de personnes intéressantes, lança-t-il, d'un air à la fois détaché et amusé.

vendredi 22 mai 2009

2

À ce moment, le train reprit sa route, grondant de paire avec le tonnerre. La jeune femme perdit l’équilibre et s’affaissa sur la banquette. Elle tordit ses cheveux châtains et laissa le tapis éponger les quelques gouttes qui s’étaient écoulées. C’est seulement alors qu’elle porta son attention sur l’homme assis en face d’elle. Celui-ci la toisait d’un air moqueur, riant bien de l’empressement maladroit d’une si jolie jeune femme. Il se dit qu’elle devait avoir dans la vingtaine, avec ses joues roses et ses traits délicats. Quand à elle, elle songea plutôt qu’elle n’avait pas à se plaindre de la présence de cet étranger. Cela lui faisait une belle pièce d’homme à dévorer du regard pour les prochaines heures à bord de ce train crachotant de fumée.

Elle s’installa confortablement, accoudée contre la vitre et prit une couverture dans sa valise. Bien au chaud, elle attendit que l’homme parle. C’était bien lui qui avait fait intrusion dans sa cabine et elle pensa que c’était à lui de s’expliquer un peu. Il ne la fit pas attendre…

- Hum, je suis Émile et je me permets de prétendre que vous avez dû boire un café fumant il n'y a pas plus de quinze minutes...

jeudi 21 mai 2009

1

Le train approchait de la gare. Elle s'en doutait bien, puisque sa vitesse avait diminué depuis la veille. Ils avaient traversé les montagnes clairsemées et suivaient maintenant une vallée ou se prélassaient quelques chevaux.

Ils arrivèrent en gare un peu avant midi, alors que tonnaient les premiers signes avant-coureurs de l'orage. Elle prit alors son parapluie et sortit prendre un café. Un rideau de pluie tombait devant la fenêtre embuée du bistro un peu miteux, mais dont le café bien noir restait buvable. Elle se prit à rêvasser, la pluie formant un orchestre tapageur qui laissait place à son imagination...

Quelques minutes plus tard, la jeune femme courrait à toute allure sous la pluie, le col relevé et elle s'engouffrait essoufflée dans sa cabine, les cheveux ruisselant de pluie, le parapluie oublié contre la chaise écaillée du bistro.

Contre toute attente, un homme était déjà assis sur la banquette et la regardait avec stupéfaction...

lundi 18 mai 2009

Défis et confiseries

Je vous explique le défi.

C'est parti de F, qui avait un désir de satisfaire ses lecteurs et de se mettre au défi.

Puis, les idées ont germé et de belles histoires fleurissent désormais sur les blogs de ceux qui y participent et arrosent leur création tous les jours.

Les règlements :
On écrit l'histoire en une semaine, en 7 parties, une centaine de mots par jour ou plus.

Je participe, avec N, L, F et tout ceux qui voudront s'y joindre.

Pourquoi confiseries ? Parce que lire ces histoires, c'est déballer un bonbon chaque jour, sans jamais savoir sur quoi on va tomber...

Bonne lecture !

N'hésitez pas à laisser des commentaires :)