mardi 30 septembre 2008

Berceuse des corsaires

Elle a quitté sa vie comme on quitte un navire
Vaisseau des hautes mers et noires profondeurs
Elle a dérivé vers l'horizon qui conspire
À engloutir ceux dont se brise la candeur
o
À la poupe, gardant le destin dans sa mire
Capitaine du vent, mère des naufragés
Elle a attendu que les lendemains chavirent
Que les eaux houleuses viennent la submerger


Vogue petite nacelle...

lundi 22 septembre 2008

Une robe d'enfant entre les barbelés...

Je ne serai pas photographe de reportage, définitivement.
Photographier des blessés, des morts, la guerre, la faim, le chaos.
Pas pour moi.

Je dois le dire, certaines photos atteignent le but escompté, elle font réfléchir.
Mais, il y a des limites à faire des photos chocantes, émotives. Parfois c'est à un point ou tu as honte de les regarder. Je ne comprends pas. Je me sentirais tellement impuissante. Photographier un gars plein d'éclats d'obus, j'en serais incapable. Je lancerais ma caméra par terre et j'irais l'aider, oublions la photo de l'année, il saigne ! Et j'irais rassurer le petit garçon qui a attrapé la malaria et panser les blessures de guerre, de viols, de poignards.
Voilà.
C'est pour ça que je veux être médecin, pour avoir ce pouvoir d'aider, plutôt que seulement constater et risquer ma vie pour une simple image.

Je suis allée au World Press Photo aujourd'hui.
Je puis le dire.
Notre monde a grandement besoin d'aide.

jeudi 18 septembre 2008

102 ans

Si vous voulez déprimer ou réaliser qu'il vous reste beaucoup de temps devant vous...faites le calcul ultra scientifique du nombre de secondes qu'il vous reste à vivre sur cette terre :
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Attention, on peut aussi vous déclarer déjà mort !
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Aussi, remarquez qu'en vous disant optimiste, vous vivez dix ans de plus.
Ne dit-on pas que l'optimiste est celui qui commence ces mots croisés au stylo bille ? Alors à vos crayons.

vendredi 12 septembre 2008

Gone away, across lands and oceans, hope you’ll find your way

Pour ma maman qui sera sur la côte d’Azur dans quelques heures.
Je t’aime fort.

Nouvelle écrite en composition d’écriture sommative l’an dernier.
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Les ombres s’étiraient sur l’allée de platanes, créant de larges bandes de lumières. Le soleil se mirait sur le ruisseau avant de se perdre dans les rangées de vignes. La campagne provençale fleurissait. L’après-midi tirait à sa fin et, comme chaque jour, Erwan s’asseyait sur le parquet écaillé du perron et regardait passer la jeune fille q’il aimait. Il voyait cette fleur délicate traverser le petit pont de bois et parfois lui accorder un bref sourire. Il le lui rendait alors timidement. Ils avaient treize ans et la vie devant eux.

Vint une soirée où le mistral couvrit de ses nuages les chauds rayons d’automne. La balançoire devant la maison cognait contre la porte. Erwan alla dehors et attendit patiemment les quelques instants où il pourrait voir Blanche. Le temps fila, s’effilochant avec le vent. Le jeune homme, voyant la lune se dessiner dans le ciel sombre, comprit qu’elle ne viendrait pas. Sa fleur était déjà ensevelie sous la neige, sans qu’il ne s’en soit aperçu.

L’hiver passa, laissant Erwan seul, assis sur la balançoire que par habitude, n’espérant même plus la voir. Les cigales se remirent cependant à striduler. Le printemps s’annonçait. Il ne la vit pas tout de suite, il n’entendit qu’un murmure, ne sentit qu’un léger arôme floral. Après quelques secondes, il se retourna. Blanche était accompagnée de sa mère, qui semblait devoir la soulever pour ne pas qu’elle trébuche ou s’effondre. Elle lui parlait à l’oreille. Il vit que Blanche pleurait. Sa fleur s’était fanée, trempée de larmes. La mère jeta à Erwan un regard dur, honteux et protecteur à la fois. Le jeune homme détourna la tête, désemparé, il sanglotait à son tour. Les cigales s’étaient tues.

Blanche et sa mère passèrent encore. Erwan ne jetait que de rares coups d’œil par la fenêtre. Accablé, incompris, il fermait son cœur, la tristesse l’aveuglait. Le dimanche suivant était jour de marché au village. Il se laissa traîner à travers les rues étroites, s’éloignant des étals encombrés. Au détour d’une ruelle, Erwan trouva Blanche assise sur un banc, sa robe flottant sans qu’elle ne semble s’en soucier. Erwan fut déstabilisé. Elle était magnifique, baignant dans le soleil radieux. Une de ses mains, comme un pétale naissant, était déposée négligemment à son côté. Le jeune homme alla poser sa main sur la sienne, délicatement. Elle tressaillit. Il l’aimait encore, il l’avait sur dès l’instant où il l’avait aperçu sur ce banc. Soudain, Blanche s’écarta, le regard vide, esquissant un sourire qu’il ne reconnut pas. Elle le fuyait. Elle disparut dans la foule, comme si elle ne le connaissait point. Erwan n’y tenant plus, prit la place vide sur le banc. Il prit son visage dans ses mains, il souffrait, perdu. Le soleil se coucha.

Une rosée tapissait le sol. Blanche monta l’escalier tranquillement, une marche à la fois. Elle tâta doucement la porte puis sonna. Erwan finit par la rejoindre sur le petit pont. Elle mit sa main sur la sienne. N’en pouvant plus le jeune homme murmura :
- Je t’ai tant vu marcher ici, j’ai attendu si longtemps.
- Erwan, souffla-t-elle seulement.
- Pourquoi ? soupira-t-il.
Blanche se retourna, les yeux mouillés, vides.
- Je ne te verrai jamais…
Elle lui raconta enfin la maladie, la souffrance, la perte. Erwan comprit. Il la prit dans ses bras. Sa fleur avait éclose, après avoir traversé l’hiver et il la cueillerait sans qu’elle ne lui retourne jamais un regard.
- Je t’aime.
Le premier rayon de soleil se mira sur le ruisseau. La campagne provençale fleurissait.

mardi 9 septembre 2008

Bang. Roule, roule, roule.

Ça m'a fait sourire.
Aujourd'hui, j'ai vu un homme échapper un brocoli.
Je vous dit, il a roulé jusqu'au bord et a failli fouttre le camp hors du bus. Bang. Roule, roule, roule.
Eh ouais, on ne voit pas tous les jours un brocoli échappé ... ou s'échapper.

dimanche 7 septembre 2008

Beau ?

Beau comme la rencontre fortuite
sur une table de dissection
d'une machine à coudre
et d'un parapluie.
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-Lautréamont-

mercredi 3 septembre 2008

Le bouton rouge pomme

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Et voilà...c'est reparti.
On a appuyé sur le bouton rouge pomme à côté du globe terrestre en plastique.
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Nous revoilà dans ce moule, cette chaîne de montage à cing plateaux qu'on nomme le secondaire. Les nouveaux viennent de passer par le triage, on y a éliminé les défectueux. Ils rentrent par la grande porte sur un tapis roulant. Ils embarquent dans une machine à remplir les cervelles, à façonner les esprits. Ils graviront des étapes importantes, non sans peine. Chaque plateau ne sera franchi qu'après différents minutieux examens et évaluations de rendement de chacune des pièces qui composent chaque futur robot.
À la fin d'une année de labeur, tous bénéficient d'une courte pause pour reposer. Les matériaux chauffés par le travail doivent se rafraîchir pour être remodelés. Action qui sera entreprise rapidement par chacun des robots à cravates chargés de les ensevelir d'informations. Seulement, tout redémarera dès qu'on aura à nouveau appuyé sur le bouton rouge.
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Ce sont les lois qui régissent une machine comme celle-ci.
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Et elle est vient de se remettre en marche.
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Bref, nous sommes de retour pour le cinquième plateau, presque totalement formés et forgés, frais de longues baignades et de paresse au soleil. Nous atteignons le dernier niveau et à notre sortie, nous n'auront plus besoin d'un tapis roulant pour nous déplacer...mais d'un tapis rouge, rouge pomme.
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